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21 juillet 2020

Le pluralisme éducatif dans un Liban menacé

Le pluralisme éducatif dans un Liban menacé ! Voulez vous aider ?


Le Liban connaît depuis plusieurs années une grave crise économique et financière. L’arrivée des réfugiés syriens puis la pandémie a encore accentué cette crise qui s’est accélérée ces derniers mois. Le chômage dépasse 50% de la population, l’inflation est énorme avec une monnaie qui a perdu ces derniers mois plus de ¾ de sa valeur par rapport au dollar. Suite au déficit de l’État depuis plus de 30 ans, la dette accumulée est gigantesque et l’État libanais est maintenant en défaut de paiement. De ce fait, les Libanais, même s’ils ont des réserves en banque, ne peuvent sortir chaque semaine que des sommes faibles. La famine se développe, même dans les classes moyennes. Un effondrement total de l’État libanais est aujourd’hui possible à tout moment.

Les écoles catholiques :
Elles sont au nombre de 329, réparties sur tout le territoire. Elles scolarisaient 188.000 élèves, soit 18% de la population scolaire libanaise ; 23% des élèves sont musulmans. Elles emploient 17.000 enseignants. Un tiers des établissements scolaires sont des écoles primaires, un quart des écoles-collèges, le reste des écoles-collèges-lycées. Sur les 60 tutelles des établissements, 15 sont patriarchales ou épiscopales et 45 congréganistes. Les principales congrégations sont les Soeurs des Saints-Coeurs (40 écoles), les Soeurs maronites de la Sainte Famille (34), les Filles de la Charité (23), les Soeurs Antonines (22), l’Ordre maronite libanais (17).
96% des écoles catholiques peuvent être considérées comme francophones. Parmi elles, seules 24 écoles sont « homologuées » par la France (sur 50 au Liban) ; 11 écoles catholiques (sur 18 au Liban) ont reçu le label LFE (Label France Education) ; quelques écoles sont à la fois homologuées et dotées du label.
La scolarité moyenne actuelle est de 3 000 €/élève. L’État libanais ne finance pas l’enseignement privé, donc pas l’enseignement catholique, à l’exception des « écoles semi-gratuites » qui se trouvent dans des milieux défavorisés. Pour celles-ci, il doit verser 50% des frais de scolarité mais cette quote-part n’a pas été versée aux écoles depuis 5 ans. 89 écoles catholiques sont « semi-gratuites » ; depuis 5 ans, elles se sont endettées dans l’attente des versements de l’État. Elles sont maintenant exsangues.
Par ailleurs, durant cette année scolaire qui se termine, les écoles au Liban ont souvent été fermées, d’abord à cause du soulèvement populaire commencé à l’automne puis avec la pandémie. De ce fait, les parents n’ont pas payé la scolarité ou, s’ils l’ont fait, demandent un remboursement. Une partie des enseignants n’ont plus été payés et un certain nombre déjà licenciés. Les parents de plusieurs milliers d’élèves viennent déjà de retirer leurs enfants des écoles catholiques.
Sauf une aide urgente qui devrait sans doute dépasser les 20 millions d’euros, une bonne partie des écoles catholiques devront fermer définitivement cet été. À fin juin, une dizaine d’écoles catholiques ont déjà annoncé leur fermeture.

Le gouvernement français, alerté par cette situation, a annoncé des aides d’urgence qui devraient être confirmées très prochainement par le Ministre des affaires étrangères lors d’une visite à Beyrouth. Par ailleurs, le Secrétariat général de l’enseignement catholique français et des ONG, comme l’OEuvre d’Orient, se mobilisent également.

Laurent Grégoire – COFAEC / 12 juillet 2020

 

https://www.omcfaa.org/projet-proche-orient-127-ecoles-de-la-bekaa,115.php

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