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12 novembre 2020

Entretien avec Philippe Goût, Ginette 1969-1971, Écrivain

Philippe Goût, élève à Ginette de 1969 à 1971, ancien membre du bureau de Ginette Alumni, ancien président de Job&Cie, a eu la gentillesse de m’accorder un peu de son temps à l’occasion de la sortie début décembre de son dernier livre « Nous n’irons pas à Wuhan ». Il aimerait créer un lien entre les anciens passionnés par l’écriture de romans.

 

Le livre est très en lien avec l’actualité… l’as-tu écrit avant ou as-tu été inspiré ?

Il me faut environ un an pour écrire un livre ; celui-ci a été commencé en décembre 2019, à une époque où on ne faisait que commencer à parler de la pandémie.

Chacun de mes livres invite le lecteur à réfléchir à une ou deux questions ; le thriller n’est que le support. Le livre précédent « Vengeances pourpres » pose la question des relations humaines vues à l’aide du triangle dramatique de Karpman. Le journaliste de RCF qui m’a interviewé sur ce roman a bien su dépasser la dimension « violente » du livre pour s’intéresser à la complexité de la relation humaine.

Pour « Nous n’irons pas à Wuhan », je proposais initialement une réflexion sur la volatilité de l’information, et puis est venue se greffer une question sur l’activité réelle de certains laboratoires de classe 4, comme celui de Wuhan. Le titre a donc évolué pour le rendre aussi plus attractif. Le titre initial était « Je sais tout et je ne sais rien », que j’avais emprunté à une pièce de théâtre d’un ancien professeur de math de Ginette…

Un peu plus tard, en mai, un journaliste de Valeurs Actuelles écrivait : « Suspectés par les renseignements américains et verrouillés par Pékin, les labos de Wuhan suscitent les rumeurs les plus folles. L’intrigue est digne d’un James Bond. Sauf qu’à la fin, l’espion échoue dans sa mission, la dictature communiste contamine le monde entier et sa bombe virale tue des innocents par centaines de milliers. » C’est donc un roman d’actualité !

 

Quel rôle a joué Ginette dans ta formation littéraire et ton envie d’écrire ?

Je dois bien l’avouer, en sup et spé, « les cours de français » n’étaient pas ma tasse de thé comme disent les Anglo-saxons. En revanche, je me suis souvenu toute ma vie d’un entretien avec mon préfet des études au sujet des écoles à intégrer ; il défendait le point de vue que tout ce qui est raisonnable est accessible dans la vie, sous réserve de le vouloir suffisamment profondément. Qu’importe l’école ! J’ai pleinement adhéré à ce principe dont j’ai eu l’occasion à maintes reprises de vérifier la pertinence, et j’ai essayé — chez Job aussi — de transmettre le message.

 

Comment en es-tu venu à l’écriture ?

L’idée d’écrire des livres est lointaine…

Durant ma vie professionnelle, j’ai eu l’occasion de visiter et de travailler dans de nombreux pays, j’en ai compté plus de 70. Globe-trotteur, j’ai rencontré des personnes passionnantes, visité des lieux insolites loin des sentiers battus du tourisme, connu des aventures insolites. Je m’étais bien dit que « toute cette matière » devrait être utilisée pour écrire des livres… et c’est un jour, en discutant un ami proche des milieux de l’édition que l’étincelle a jailli et qu’avec son aide, je me suis mis à la tâche.

 

Où trouves-tu ton inspiration ? Tes histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ?

Je ne sais pas si l’on peut écrire une histoire qui n’aurait aucun rapport avec le réel… 

Au-delà de l’histoire elle-même, il y a les personnages. Dans mes livres, presque tous les personnages existent dans le monde réel. Pour autant, le livre reste une fiction, les propos prêtés aux personnages, les personnages eux-mêmes, sont en partie réels, en partie modifiés, rarement imaginaires. Ni eux-mêmes ni les faits évoqués ne sauraient donc être exactement ramenés à ces personnes et à des évènements existants ou ayant existé, ni témoigner d’une réalité ou d’un jugement sur ou de ces personnes.

La contrepartie à ce lien entre le réel et la fiction, est que l’entourage de l’auteur « voit » à tort celui-ci dans le livre… et a parfois du mal à laisser de la place à l’imagination.

 

Tu me disais vouloir lancer un appel ?

Je suis sûr que je ne suis pas le seul ancien à être devenu un auteur. J’aimerais pouvoir créer une relation entre les anciens de Ginette devenus auteurs (ou qui voudraient le devenir), pour échanger sur nos joies et sur nos difficultés. Mon mail d’auteur, celui de Philippe Goust est : philippe.goust@yahoo.fr

 

Entretien de Sabine de Laigue avec Philippe Goût (auteur Goust), le 13 novembre 2020



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